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Préambule
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Mode d'emploi
Introduction

Etape 1 LE DECLIC
= Se sentir reconnu comme une personne unique
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= Etre membre à part entière du groupe
=
Avoir prise sur sa vie

Etape 2 LE PROJET

= Décider des grandes lignes
= Proposer un thème
= Adresser/recevoir les invitations

Etape 3 LA LISTE ET LE PLACEMENT
oooooo DES INVITES

= Etablir la liste des invités
= Statuer sur le placement des invités
= Choisir le plan de table
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Etape 4 LA REPARTITION DES CHARGES
=
Mobiliser dix bras et cinq cerveaux
= Faire l'inventaire des ressources disponibles
= Tirer profit du partage des responsabilités

Etape 5 LES VIVRES
= Répertorier les formules de restauration possibles
= Prendre en compte tous les critères de décision
= Mesurer les effets de la nourriture et des boissons
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Etape 6 LES ANIMATIONS
= Faciliter l'insertion dans le groupe
= Fédérer autour du motif de la fête
= Se divertir ensemble

Etape 7 LES CADEAUX
= Appréhender les enjeux
= Acheter ou fabriquer un cadeau
= Distribuer et recevoir le cadeau

Etape 8 L'IMPREVU
= Changer ce qu'il est possible de changer
= Accepter ce qu'il n'est pas possible de changer
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= Faire la différence entre les deux

Etape 9 LA MEMOIRE
=
Mobiliser le passé
=
Poser des repères
=
Rebondir pour mieux (renouveler les) sauter(ies)

Sites Internet et bibliographie
Index

 

Extraits

Préambule

(...) Il nous faut donc convenir que chaque fête est un produit unique, résultant d'un amalgame merveilleusement mystérieux dont le dosage est inconnu.

Dans ce cas, il ne nous reste plus qu'à nous attacher à décrypter les interactions entre l'ensemble des participants, ceux qui sont à l'initiative du projet, l'élu ou les héros du jour bien sûr, mais aussi chacun des invités, chaque protagoniste étant partie prenante à la construction de l'édifice.

Il ne s'agit pas tant de prodiguer des conseils au seul organisateur d'une fête confronté à de multiples problèmes d'intendance et à la difficulté de faire plaisir au même moment à tous les membres d'un groupe nombreux et disparate.

L'objectif est surtout d'illustrer de quelle manière, autour des étapes de la fête - les invitations, les préparatifs, les animations, les cadeaux, les incidents, etc. -, les différents intérêts, points de vue et histoires des présents, réunis de leur plein gré dans un même lieu, s'entremêlent pour créer un événement original et collectif.

On l'aura compris, ce livre ne traite que des réunions amicales et familiales, en excluant les manifestations festives auxquelles on assiste en consommateur ou spectateur.

Il s'adresse à tous ceux et celles qui sont concernés par le sujet :
E- les organisateurs, qui n'ont plus rien à apprendre et qui trouveront matière à se comparer ;
E- les hésitants, qui pourraient y puiser le courage de se lancer à leur tour dans une invitation ;
E- les récalcitrants, qui alimenteront leur mauvaise conscience avec de nouveaux arguments ;
E- les simples invités, auxquels sera confié un rôle essentiel, avec la simple ambition que tous profitent pleinement des belles occasions de se réjouir ensemble chaque fois qu'elles se présentent.

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Etape 1 LE DECLIC
Se sentir reconnu comme une personne unique

(...) "POUR ou CONTRE LA FETE SURPRISE?

Il y a des risques dans la fête surprise. On prétend décider à la place d'une autre personne d'un thème, d'une liste d'invités, d'animations. Or, on peut facilement se fourvoyer.
L'anniversaire surprise de mes 80 ans organisé par ma fille, pour moi, a été une souffrance. J'aurais préféré passer sous silence cette étape, faire comme si ... le fil des jours continuait de s'écouler sans rien modifier. Qui a envie de fêter son entrée dans un âge dont on ne peut attendre que des impasses ?
On ne peut pas se passer de s'interroger en priorité sur les raisons pour lesquelles une personne laisse passer l'événement sans rien prévoir. S'il est débordé, fauché, que son logement est trop petit, s'il est rebuté par l'organisation, alors, il y a de fortes chances pour qu'il soit agréablement surpris par la présence des personnes venues lui témoigner leur affection. Par contre, si le héros de la soirée est très émotif ou dépressif, s'il déteste être mis en avant, lui imposer une situation inattendue et déstabilisante n'est sans doute pas la meilleure des initiatives.
Justement ce jour-là, j'avais les cheveux gras, je ne m'étais pas maquillée, j'avais gardé mon jogging informe. En plus, quand tout le monde a tapé des mains en criant " un discours, un discours " , je me suis sentie lamentable de ne pouvoir articuler que " merci, je ne m'y attendais pas ... " .
Le choc émotif de découvrir toute l'assemblée est parfois violent.
L'arrivée surprise à mon dîner d'anniversaire de mes amis les plus intimes invités par ma femme à mon insu m'a fait infiniment plaisir. Mais j'ai été si bouleversé que j'en ai perdu la voix et tous mes moyens. La nuit suivante, je n'ai pas fermé l'œil, repensant aux mille choses que j'aurais dû dire ou faire. Finalement, j'en ai gardé pas mal de regrets.
Pour éviter ces perturbations, la " demi-surprise " peut être une solution.
Nous voyons bien qu'en ce moment, tu n'as pas trop le moral (ou pas le temps, ou pas d'argent ...), nous aimerions organiser une fête en ton honneur. Peux-tu nous dire ce qui te ferait vraiment plaisir et ce que tu voudrais éviter à tout prix ? Avec ça, on se débrouillera pour te faire la surprise du thème. Tu réserves ta journée du 20 février et t'habilles chaudement. On passera te prendre à 9 heures.
Ainsi, l'élu du jour évite de ruminer pendant des semaines que son entourage va une fois de plus oublier son anniversaire, peut préparer son discours s'il se décide à en faire un, se faire beau, et se réjouir d'imaginer les autres entrain de se décarcasser pour lui.

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Etape 3 LA LISTE ET LE PLACEMENT DES INVITES
Choisir le plan de table

(...) Selon les règles de savoir-vivre
Une première technique consiste à revenir aux méthodes traditionnelles du savoir-vivre qui, faisant passer les règles du groupe au-dessus de l'individu, avaient le mérite de dépersonnaliser le débat.
On évite les discussions ; les récriminations, si tant est qu'il y en ait, restent dans les placards (...).
Suivant des règles créées pour la circonstance
On peut également se forger sa propre doctrine. Dans ce cas, la discussion aura lieu entre les organisateurs afin d'élaborer pour cette fête des principes qui s'appliqueront uniformément. Si on a privilégie la " méthode globale ", on apportera une réponse binaire, par oui ou par non, aux questions suivantes.
- Séparons-nous les couples ?
- Formons-nous des regroupements par génération ?
- Que faire avec les enfants ?
- Laissons-nous les groupes déjà constitués ensemble ou les contraignons-nous par force à faire connaissance ?
On évite ainsi les susceptibilités et on gagne du temps : il y a peu d'états d'âme puisque les décisions relèvent de généralités applicables à tous. Par contre, les invités qui par suite de ces diktats se considèrent mal placés doivent faire de gros efforts de civilité et d'adaptation.

J'ai 15 ans, je mesure 1,90 m et aux noces d'or des grands-parents, j'étais placé à la table des enfants.
Que faire d'autre que de " faire contre mauvaise fortune bon cœur ", d'attendre le moment où on pourra changer de place et même, de se laisser surprendre par l'inattendu. de ma tante. Et j'ai été bien content de la rencontrer.
Au cas par cas
Il est imaginable que tous les protagonistes - organisateurs et invités - désirent se soustraire au cadre rigide d'une règle appliquée brutalement à tout un groupe : les gamins dans une petite salle à côté avec des jeux et une baby-sitter, les copains de fac tous regroupés comme des scouts, les très vieux, ensemble, loin de la sono et de la piste de danse.
Alors, ne reste plus qu'à subodorer comment les gens se seraient placés d'eux-mêmes. Ce n'est pas la solution de facilité : il faudrait sans doute cogiter attentivement sur chacun, son histoire, ses qualités (ses défauts) et affecter au mieux les places pour organiser des vraies rencontres. Au risque de se tromper. On ne pourra pas se contenter des rapprochements par métiers ou par hobbys qui le plus souvent tombent à plat. A une fête, qui peut bien avoir envie de rencontrer son clone ou de parler boulot ? D'où vient l'idée qu'on s'amuse le mieux avec des personnes qui ont les mêmes goûts, les mêmes idées que nous ?

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Etape 4 LA REPARTITION DES CHARGES
=
Mesurer les effets des boissons et de la nourriture

(...) On s'aperçoit, au contraire, que les meilleures fêtes sont celles où l'on a fait entrer le temps en paramètre, temps de déguster qui s'écoule au même rythme que le temps de lier connaissance et de profiter de la bonne compagnie. Il y a trois façons de faire :
- choisir des plats longs à consommer,
- anticiper au plus tôt par une préparation en commun,
- prolonger tard ou le lendemain.

Je me suis aperçue que les soirées où l'ambiance était agréable et détendue étaient celles organisées autour de recettes dans lesquelles il y a un plat commun central dans lequel il faut décortiquer, piocher et prendre son tour, genre moules, raclette, fondue, pierrade, méchoui .... Ce n'est pas du tout un problème d'attendre. Au contraire, cela donne le temps de digérer. Et de discuter. Je suis persuadée qu'on s'y trouve bien parce que, inconsciemment, on y retrouve la symbolique des mythiques tablées familiales. Cela marche aussi si on prépare des crêpes ou des fajitas avec la garniture ad hoc. Encore mieux s'il y a une tireuse à bière et un cubitainer de vin de Loire auprès duquel se servir soi-même ! Pour la gastronomie, des assiettes de présentation individuelles superbes sont recommandées. Mais pour l'ambiance, il vaut mieux en avoir plein les doigts !

Avant, Noël me laissait plutôt froide. Je trouvais cette fête superficielle et souffrais du fait que, dans ma famille, la communication n'était pas trop présente. Mais, il y a deux ans, j'ai suggéré qu'on prépare tous ensemble le repas de Noël et, à ma grande surprise, cela a complètement changé la dynamique de la fête. C'est devenu un moment privilégié qui occasionne des discussions et … des fous rires. Cette intimité est cousue d'or et infiniment précieuse.

Une fête qui ne se termine pas avec la soupe à l'oignon d'Emilien à cinq heures du matin ? Impossible. Elle se mérite : jamais d'oignons surgelés, non, il faut d'abord qu'on pleure un bon coup dans la cuisine ; après, on " fait suer ", longtemps, très longtemps. Il y en a pas mal qui n'ont pas la patience et qui, découragés, abandonnent et vont se coucher. On reste entre initiés ! Il faut encore attendre, le temps de bailler, de débarrasser les restes du repas, le temps de cuire, de découper les croûtons et de faire gratiner. Mais, alors, quel régal ! C'est comme toujours. On se retrouve enfin.

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Etape 8 L'IMPREVU
= Accepter ce qu'il n'est pas possible de changer

(...) Ils sont tous là, autour du buffet, ceux qui font partie de notre vie quotidienne, et ceux qu'on croise de loin en loin (de fête en fête). Ceux qu'on a toujours connus et ceux qu'on découvre pour la première fois. Les membres de la famille réunie, toutes générations confondues. Les amis de toujours. Les amis des amis. Les copains, les voisins, les collègues. Ceux qu'on adore et ceux qu'on aime moins. Ceux avec lesquels le courant passe et ceux qui nous hérissent. Ceux, les plus nombreux (charité bien ordonnée .... !) qui ont leurs bons et leurs mauvais côtés. Parmi tous ces présents, on trouvera bien chaussure(s) à son pied. On ne les changera pas, et surtout pas le temps d'une soirée ou d'un week-end qu'on désire par dessus-tout joyeux et harmonieux.

J'avais convié mes parents, mon frère, sa femme et ses deux enfants, ainsi que ma belle famille aux fêtes. Ce fut un fiasco total. Mes parents, avec lesquels il ne m'a jamais été facile de communiquer, m'ont semblé distants, amers. Mon père, fidèle à lui-même n'a pas été avare de remarques piquantes, de critiques que j'ai fort mal prises au bout d'un certain temps.

On ne les changera pas et s'il y a une chance de changer la nature de relations conflictuelles, ce ne sera jamais dans le brouhaha d'une réunion familiale ou amicale. La table transformée en ring de boxe, les autres convives appelés à arbitrer, l'alcool, toujours mauvais conseiller, ne peuvent que conduire à des affrontements violents et sans issue. Le courage à la fête est d'éviter fermement les provocations en remettant à plus tard, et sans témoins, les explications.

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